Un terroir d’exception

L’aire de production du vin de Monbazillac s’étend sur 2.300 hectares

Monbazillac constitue le plus grand vignoble de vins liquoreux au monde. Sur les 8.000 hectares de vignobles produisant des vins liquoreux en France (Sauternes, Jurançon, Coteaux du Layon…), plus d’un quart sont dédiés au Monbazillac.

Aire de production (en ha)

950

2300

Nombre de bouteilles

3 millions

8 millions

Nombre de producteurs

50

120

© IVBD

Le vignoble de Monbazillac : le mariage subtil de trois facteurs essentiels

Le terroir

Son coteau s’élève entre 40 et 180 m d’altitude, de la Dordogne au promontoire du Château de Monbazillac. Les sols sont à dominante argilocalcaire. Ce terroir est constitué de plusieurs cépages à partir desquels est fabriqué le vin de Monbazillac : le Sauvignon, blanc ou gris, ainsi que le Sémillon et la Muscadelle. Le Sémillon occupe 80% de la surface du vignoble. Le Monbazillac est donc un vin d’assemblage.

Le climat

Exposées au Nord, à proximité de la Dordogne, les vignes connaissent une alternance de nuits fraîches et de chaleur en journée, notamment en arrière-saison. Cette alternance de chaud et de froid se traduit par des brouillards matinaux.

Le champignon noble

L’éclosion du Botrytis cinerea est favorisée par cette situation géographique et climatique. Ce champignon est l’allié naturel des vignerons. Son action consiste à transformer les grains de raisin durant les chaudes arrière-saisons en pourriture noble.
C’est un processus naturel qui se produit avec les écarts de températures et une humidité dans l’air assez élevée.
Le Botrytis cinerea se développe à l’intérieur des grains de raisin et a pour effet de concentrer les sucres naturels et les arômes par évaporation de l’eau dans la baie. Cette extrême concentration permet de produire un vin liquoreux.

La composition du Monbazillac

Le Monbazillac, vin d’assemblage par excellence, tire toute sa richesse et sa complexité de l’association harmonieuse de plusieurs cépages.
Le sémillon, cépage emblématique, constitue la base majoritaire de ce précieux nectar, représentant entre 60 % et 98 % de la composition finale selon les millésimes. À ses côtés, trois autres cépages jouent un rôle essentiel : le sauvignon blanc, le sauvignon gris et la muscadelle.
Le maître de chai, véritable artisan des saveurs, ajuste minutieusement les proportions de chaque cépage pour révéler une palette aromatique unique. C’est ce travail de précision et de passion qui permet au Monbazillac d’atteindre cet équilibre parfait.

3 cépages pour déguster le mystère Monbazillac

Le sémillon

Le sémillon apporte aux vins d’assemblage, puissance et structure notamment lorsqu’il est associé au sauvignon dont il est le partenaire privilégié pour l’élaboration du Monbazillac.
Sa robe est jaune or, les arômes offrent une grande palette, du fruit confit d’abricot, d’ananas ou de mangue au « rôti ». Le cépage développe des saveurs complexes d’épices, de miel ou de champignon.

Le sauvignon blanc

Le sauvignon blanc est le cépage que les vignerons associent au sémillon – cépage dominant. Il apporte sa fraîcheur et ses arômes de fruit.
Sa robe claire possède des reflets verts. Le cépage développe des notes végétales et fruitées d’agrumes, de rhubarbe, s’ajoutent des touches florales de sureau et des touches minérales. Son acidité en bouche donne une sensation vivifiante appréciée pour les liquoreux.

La muscadelle

La muscadelle apporte aux vins d’assemblage des notes florales d’acacia et de chèvrefeuille et des notes fruitées de pêche, d’abricot réhaussées de touches épicées. Elle livre en bouche une sensation douce et suave.

Attention à ne pas confondre vin moelleux et vin liquoreux !

On vous aide à faire la différence, tout est une question de sucre !

Le Monbazillac contient au minimum 45 grammes de sucre par litre après fermentation que l’on obtient suite à des vendanges tardives opérées par tries successives (raisins atteints de pourriture noble). Si vous devez ne retenir qu’une seule chose c’est que le Monbazillac est un vin liquoreux, ce n’est pas un moelleux, c’est encore plus concentré.

Entre 0 et 10g

Vin sec ou demi-sec

Entre 10g et 45g

Vin moelleux

Au-delà de 45g

Vin liquoreux

Connaissez-vous vraiment le langage lié au vin ?
Muscadelle Arômes Assemblage Sol Argileux Sauvignon blanc Qualités organoleptiques

Les dates les plus significatives de l’histoire du vignoble

56 avant JC au 4ème siècle après JC

Bien avant 1550 et la construction du château de Monbazillac, les premières traces de vigne remontent à l’époque gallo-romaine.

1080

Un prieuré bénédictin, autrement dit un monastère, cultivait le vignoble des terres de « MontBazailhac ».

12ème siècle

La légende dit que les moines du monastère, accaparés par d’autres tâches, délaissent leurs vignes, permettant à la pourriture noble de s’y développer. Souhaitant ne pas perdre le bénéfice de leur récolte, ils décident de vinifier le raisin pourri. Ils découvrent les vertus insoupçonnées du Botrytis cinerea, qui donne aux fruits et au vin une saveur suave et puissante.

13ème siècle

Le duc d’Aquitaine, devenu roi d’Angleterre sous le nom d’Henri II, décide en 1254 de favoriser les marchandises provenant de Bergerac. Le vin embarque sur la Dordogne et poursuit son trajet, d’abord vers l’Angleterre, puis vers la Hollande.

14ème siècle

En 1367, en pleine Guerre de Cent Ans, les Anglais s’engagent à protéger Bergerac à la condition que les consuls leur fournissent de l’argent, des vivres et des vêtements, mais aussi, et surtout… du vin ! En 1376, le roi d’Angleterre offre, aux vignerons de Bergerac, le privilège royal de fournir la Cour de Londres.

15ème siècle

Au début du 15ème siècle, les bourgeois et habitants de Bergerac achètent les vignobles de Monbazillac. Le 4 septembre 1495, ils font évoluer la réglementation afin d’intégrer ce territoire dans la Vinée de Bergerac et de bénéficier de ses privilèges pour vendre et exporter ces vins.

16ème siècle

La ville de Bordeaux impose l’utilisation de plus petites barriques pour le vin transitant par son port. Les ventes du Bergeracois vers l’Angleterre chutent alors, car les droits de douane anglais sont liés au nombre de tonneaux. La Hollande devient peu à peu la première destination d’exportation du Monbazillac.

1685

Les Guerres de Religion et la révocation de l’Édit de Nantes provoquent l’émigration vers la Hollande de grandes familles de la bourgeoisie huguenote périgourdine, pour beaucoup viticulteurs à Monbazillac. Les relations entre le Bergeracois et les Flandres du Nord s’intensifient grâce au commerce du vin.

1738

Avec l’essor du commerce vers la Hollande, une véritable hiérarchie s’instaure dans la qualité des vins doux. Une première garantie d’origine apparaît à travers 32 « marques hollandaises ». Toutes situées sur la côte nord de Monbazillac, elles sont estampillées au fer rouge sur le fond des barriques.

18ème siècle

L’aristocratie et la bourgeoisie européenne s’entichent du « Muscat » de Monbazillac, nom issu du cépage Muscadelle. Le roi de Prusse, Frédéric II, le tient pour son vin préféré.

1789

La Révolution Française marque la fin d’une époque faste pour les vignobles du Bergeracois. Avec le départ des grands propriétaires, les terres sont morcelées et las capacités de production réduites. L’incapacité de répondre aux attentes des importateurs fait qu’ils délaissent peu à peu le territoire.

1885

L’insecte Phylloxéra fait des ravages en France. Le vignoble de Monbazillac n’est pas épargné. En 1885, il est totalement détruit. Grâce à des greffes sur des pieds américains résistants à la maladie, les vignes sont replantées à partir de 1895. En 1920, un tiers du vignoble est à nouveau planté en vignes.

1936

Après plusieurs procès dans les années 1920 et 1930 autour de l’utilisation du nom de « Monbazillac », le décret du 15 mai 1936 met fin aux problèmes de délimitation. L’Appellation d’Origine Contrôlée (AOC) Monbazillac est créée, l’une des premières de France. Un cahier des charges détermine les conditions d’exploitation et de vinification dans l’appellation, garantissant un travail de qualité.

1940

31 viticulteurs se regroupent et créent la cave, devenue coopérative en 1943.

1939-1945

L’exploitation du monbazillac connaît une prospérité inattendue. Le pays en guerre manque cruellement de sucre, ce manque est compensé par une consommation sans précédent de ce vin dont le goût liquoreux et sucré à souhait est fort recherché.

1960

Le château de Monbazillac est à vendre. La Cave Coopérative loue et exploite déjà les vignes qui l’entourent. Son conseil d’administration vote à l’unanimité l’achat du château, refusant que cet emblème passe dans des mains étrangères.

1978

La Reine Mère d’Angleterre, Elizabeth Bowes-Lyon, se rend au château de Monbazillac, où elle profite d’une visite privée. A l’heure du thé, le breuvage anglais est remplacé par du liquoreux, millésime 1975.

1992

Le cahier des charges de l’appellation « Monbazillac » est actualisé. Sa nouvelle version, rédigée par les vignerons et validée par l’État, impose une réglementation plus stricte : les nombres de pied de vigne et de bourgeons à l’hectare sont diminués et surtout les vendanges manuelles sont imposées.